LES PASSAGERS DU MIROIR

Titre : LES PASSAGERS DU MIROIR
Auteur : Henri Vernes
Editions : Ananké (2001)
158 pages
ISBN 2-87418-000-9

Le nouvel inédit introuvable des aventures de Bob Morane !!! Même mes copains et copine européens ont eu de la difficulté à se le procurer. Pour nous, québécois, cela n'augure rien de bon, bien entendu ! Mais on commence à s'y faire, non ? Pour les membres du Club, ils pourront se procurer une et je dis bien une copie via le Club !!! Mais je viens d'apprendre que même le Club ne pourra offrir ce nouvel inédit à ses membres... Pour les autres, il vous faudra placer une commande électronique chez un des nombreux libraires français ou belges sur le Net.

Mes correspondants m'avisent qu'il faut placer une commande spéciale car les libraires n'ont pas l'intention de garder ou de commander ce livre pour leur inventaire. Je sens que la débandade des Éditions Claude Lefrancq et leur problème de distribution en a effarouché plus d'un. C'est une des tristes réalités de la vie !

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos passagers. Peu importe ce que je vais vous confier dans les lignes suivantes, je sais que tous les collectionneurs acharnés de l'œuvre de Henri Vernes vont tout faire pour se le procurer. En tant que pièce de collection, c'est une paranoïa normale. Et j'en souffre également !!! En tant que littérature… Bof ! Comme dirait mon copain Achille Talon !

J'entends déjà les hauts cris mais il faut bien je sois franc ! J'aime Henri Vernes, j'aime les romans de Bob Morane mais pas tous ! C'est tout ! Pas besoin d'en faire un drame ! Ce n'est que mon opinion ! À vous de la partager ou non ! Moi, je vous livre ce que je pense… Honnêtement !

Première chose qu'on remarque dans ce roman, Bob Morane et Bill Ballantine sont devenus de véritables commères. Ils jasent sans arrêt et se chicanent comme de jeunes adolescents. Alors, inutile de vous dire que l'action est reléguée au second plan. En fait, ce n'est qu'à la page 117 qu'ils partiront à la rescousse de Tallulah, encore une autre petite orpheline !!!

Quelques petites erreurs mais elles sont bien présentes :

- À la page 8, dernier paragraphe, on devrait lire hériter et non mériter… Enfin, je crois…

- À la page 93, on a écrit " endorit " au lieu de " endroit " …

- À la page 94, on a écrit " que vous étiez en gentleman " au lieu de " un gentleman " …

- À la page 5l, Morane étudie les caractères de l'écriture de Madame Hardelange et je me suis soudainement senti transporté à Baker Street… Car notre héros semble s'y connaître comme ce vieux Sherlock lui-même ! Un véritable expert ! En fait, tout au long de ce roman, il nous livre des commentaires d'expert sur tous les sujets et même Ballantine ne se gêne pas pour imiter Holmes. Morane le mentionne d'ailleurs… Voir en page 119.

- Vous me direz : Oui mais ce ne sont que de petites erreurs sans grande conséquence. Je vous l'accorde mais cela n'était que le début. Je poursuis.

- À la page 16, on mentionne que le prénom de Madame Hardelange est Nadine puis à la page 33, ce prénom se transforme en Édith, prénom qu'elle gardera jusqu'à la fin ! Ouf !

- À la page 38, Morane reçoit un appel sur son cellulaire. Ballantine lui demande si c'est sa copine Aïsha… !!!! Bob a une copine maintenant. Ah, oui ? Depuis quand ? Et c'est qui cette Aïsha et d'où sort-elle ? J'ai dû manquer des bouts de l'épopée moranienne quelque part. J'en étais bouche bée. Finalement, Morane avoue à Bill que sa copine est à New York pour l'instant mais que le coup de téléphone venait de Sophia Paramount qui leur disait qu'elle venait les rejoindre à Bruxelles vu qu'ils étaient absents de Paris pour y fêter son anniversaire. Et malgré le fait que nos deux héros passeront quelques jours à Bruxelles, la jolie Sophia ne réapparaîtra dans le décor !!! Alors à quoi servait ce coup de téléphone ? À nous donner l'indice que Bob possède une petite copine qui est demeurée bien mystérieuse ? Ben, voyons !!!

- Autre point qui m'a fait tiquer. Morane déclare que les personnages de romans (lui, en conséquence…) ne vieillissent jamais… ( Page 38) Cela m'a laissé une drôle d'impression tout au long de l'aventure. Vernes avait d'ailleurs fait la même mention dans L'ŒIL DE L'IGUANODON. Étrange et cela nous enlève un peu l'aspect réalistique du déroulement du roman. En plus, Madame Hardelange possède dans un placard tous les romans de notre héros. J'aime mieux croire à la possibilité que mon héros est un personnage en chair et en en os que de me faire dire en pleine face qu'il n'est que créature imaginaire. Où est le plaisir ?

IL y a également de bons points. On apprend finalement les noms des parents de Morane. Êtes-vous bien assis ? Bernard Morane et Rose Alba Mélanie Lecomte du Garec. (Page 18) Ensuite, on mentionne Jean Ray et sa nouvelle, LA MAISON DES CIGOGNES. (Page 28).

Tant qu'à l'histoire, on est loin de Ananké pour ce qui a trait aux mondes parallèles et même des voyages dans le temps. Un dénouement qui prend du temps à se produire et qui se résout facilement. Trop facilement ! La finale digne de Hollywood pourrait nous promettre une suite.

Mais la grande nouvelle est le fait qu'on annonce la réédition de LES MURAILLES D'ANANKÉ ce qui veut dire que le Cycle Ananké devrait enfin être réédité sous la nouvelle maison d'édition en format poche. Voilà une excellente nouvelle !!! Pour tous ceux qui recherchent ce cycle désespérément !!! En fait, j'espère qu'on rééditera tous les titres surtout les introuvables au cours des prochains mois/années. Car je préférerais faire connaître l'œuvre de Henri Vernes à travers ces Classiques que ces derniers inédits qui sont loin d'être à la hauteur !!!

Une pièce de collection intéressante mais on ne peut parler ici d'une grande cuvée moranienne…. Malheureusement !!! Moi, je me concentrerais sur les rééditions ! En format poche ! Pensons aux jeunes !!!

12 mars 2001

Johnny Hart