
DOSSIERS SECRETS
(Marabout Chercheur)
À LA RECHERCHE
DE LA BASE MILITAIRE DE THULÉ.
MISSION POUR THULÉ est la seizième aventure de Bob Morane. On allait y faire la connaissance de Roman Orgonetz, cet agent secret qui allait devenir un des ennemis les plus implacables du Commandant Morane. Cette aventure nous présente également le lancement du premier satellite artificiel par les Américains. L'endroit choisi pour ce lancement historique, la base militaire de Thulé située au Groenland.
Le Groenland aurait été découvert aux environs de 985 par Erik Le Rouge, un explorateur norvégien. Le Danemark en réclamera la possession en 1605. Le Groenland est la masse de terre la plus rapprochée du Pôle Nord. Elle est recouverte en permanence d'une couche de glace (que l'on nomme permafrost) sur plus de 86 % de son territoire. Durant les deux mois de sa saison estivale, on peut noter un dégel de un à deux pouces. Sa population d'un peu plus de 50,000 habitants est surtout constitué d'Inuits.
La base militaire de Thulé a été construite par les Américains entre 1951 et 1953. Une des principales fonctions de la base est d'offrir son assistance afin de faciliter la recherche et l'exploration de l'Arctique. On peut même la visiter et y loger. Il faut évidemment réserver à l'avance car elle est très achalandée par les touristes. Le dernier point de départ pour un vol en destination de la base se trouve ici au Québec via le vol FIRST AIR LIMITED. La piste d'atterrissage peut accueillir des avions de types C-130, DC-8, C-141 et C5A.

(Vue de la montagne)
Afin de prévoir les pires conditions atmosphériques possibles, les Américains ont bâti la base de Thulé en utilisant différents procédés éprouvés lors de la Seconde Guerre Mondiale en Alaska. Ainsi, tout a été prévu pour des températures pouvant aller jusqu'à -100 F (-73 C) et des vents pouvant atteindre 200 milles à l'heure (320 km/hr).
Ainsi, tous les bâtiments ne touchent pas le sol afin de permettre au vent de circuler librement. Ceci permet au permafrost de se conserver sinon les bâtiments pourraient se retrouver pataugeant dans l'eau et la boue causé par le dégel. Le permafrost possède une épaisseur de 1600 pieds (480 mètres) et assure la solidité de Thulé.
En plus, il est impossible d'enfouir les tuyaux dans le sol. Donc, tous les conduits servant à amener l'électricité et autres commodités se retrouvent à l'extérieur. Ils sont isolés et chauffés évidemment. Comme vous pouvez le constater sur cette photo.
Recouverte de neige et de glace, on compare souvent la base de Thulé à une base lunaire. En effet, complètement isolé, on y connaît trois mois de noirceur totale et on doit attendre le 22 février avant de pouvoir profiter de quelques minutes de soleil. Ces minutes iront en progressant rapidement et l'été, c'est l'effet inverse qui se produit alors que les nuits n'existent plus. Le port n'est ouvert que pour une durée de six semaines (en juillet et août) et les vaisseaux doivent affronter les pires conditions atmosphériques de notre planète pour s'y rendre. Mais sans ravitaillement extérieur, les habitants de Thulé ne pourraient survivre.
L'Armée américaine a investi plus de 5 milliards de dollars (et ce, dans les années 60) afin de transformer Thulé en une base ultra-moderne de détection. En effet, on y retrouve les fameux systèmes BMEWS (Ballistic Missile Early Warning System) qu'on peut traduire librement par Système Préventif de Détection de Missiles Balistiques.
( Station - BMEWS )De 1950 à 1980, Thulé se composait de plus de 10,000 membres des services militaires américains. On pouvait y retrouver des avions de chasse et des bombardiers alors que la Guerre Froide battait son plein. Aujourd'hui, on n'y compte plus que 1000 personnes de stationnées avec comme mission de détecter tous missiles qui pourraient être lancés contre le Canada et les États-Unis et leurs alliés. Elle fournit également des informations à la NASA lorsque celle-ci se prépare à un lancement de satellites ou de navettes spatiales. Le personnel de la base est presqu'entièrement composé de Canadiens, d'Américains et de Danois.
Encore une fois, Henri Vernes était à la fine pointe de la nouvelle technologie alors qu'il nous parlait déjà en 1956 de la fameuse base de Thulé et du premier satellite artificiel américain. Une aventure polaire et populaire pour notre héros!
4 mai 2000